J'ai proposé ce soir en conseil d’arrondissement du 9e un voeu visant à la dénomination d’un « square d’Arménie » à Paris. Quelle ne fut pas ma surprise : celui-ci a été rejeté par Jacques Bravo et sa majorité municipale ... Soit ! Je le déposerai au nom du groupe UMP au Conseil de Paris du 17 octobre prochain.
Voici l’intégralité du texte de mon intervention :
« Installée sur notre territoire au lendemain du terrible génocide de 1915, la Communauté arménienne de France fait désormais partie intégrante de la Communauté nationale, où elle s’est illustrée avec brio dans de multiples domaines qui vont des Arts au monde de l’entreprise.
Une part importante de cette Communauté est installée à Marseille, ainsi qu’à Paris où elle a pris racine depuis fort longtemps, avec ses organisations d’aide sociale, ses organisations culturelles, son Eglise et même un quotidien Haratch, seul quotidien en langue arménienne publié en Occident.
Si Paris compte beaucoup d’institutions d’origine arménienne, notamment dans les 8e,9e et 10e arrondissements, si un monument récent vient d’être inauguré à la mémoire du Père Komitas, commémorant la date tragique du 24 avril 1915, aucune artère, aucune rue, aucun jardin ou square, n’est venu symboliser jusqu’à présent l’attachement de notre ville à la communauté arménienne, et tout simplement « l’arménité » de certains de nos quartiers. Ceci alors que Paris compte une rue d’Ankara.
C’est pourquoi, au nom du groupe UMP, je vous remercie de bien vouloir approuver le vœu suivant, que j’entends avec votre accord soumettre au Conseil de Paris du 17 octobre prochain.
Il s’agit de débaptiser le « square Montholon » pour lui donner le nom de « square d’Arménie ».
Cette proposition n’entend ne faire nulle injure à la famille Montholon, mais il est à rappeler que celle-ci compte en plus d’un square, du nom du Général d’Empire Charles-Tristan Montholon-Sémonville, une rue de l’arrondissement, en souvenir de Nicolas de Montholon, Premier Président du Parlement de Metz (1765), puis du Parlement de Normandie (1775).
Alors que le Conseil européen vient de décider l’ouverture des négociations avec la Turquie, ceci sans qu’il ait été demandé à la Turquie d’effectuer le nécessaire devoir de mémoire sur le génocide de 1915, la dénomination d’un « square d’Arménie » à Paris constituerait un signal fort de la part de l’ensemble du peuple de Paris pour signifier que les Parisiens n’ont pas oublié le génocide, que nous demandons au peuple turc d’en faire de même, en espérant un jour prochain où une Turquie démocratique baptiserait à son tour une artère, une rue ou une place d’Istanbul ou d’Ankara, en souvenir du martyr arménien.
Voici donc le geste que je souhaite proposer au Conseil de Paris : quel plus beau symbole alors que Paris s’apprête à ouvrir en 2006 l’année de l’Arménie en France ? ».