Le résultat des récentes élections législatives dans les territoires de l'autorité palestinienne n'est pas une surprise et était – hélas! – prévisible depuis des mois. Ce résultat n’est pas une bonne nouvelle pour la paix au Proche-Orient : comment se réjouir de ce que le choix des électeurs palestiniens se soit majoritairement porté sure le Hamas – qui remporte selon les résultats officiels la majorité absolue des sièges – un parti qui, loin de se résoudre à déposer les armes, s’est illustré par la pratique des attentats-suicides et continue à dénier à Israël le droit d’exister ? un tel résultat peut certes s’expliquer par le piètre bilan du Fatah, qui a échoué à faire progresser le processus de paix israélo-palestinien, faute de réelle volonté de combattre le terrorisme non seulement en paroles mais aussi dans les faits, en démantelant ses réseaux. En outre, il est clair que les accusations de mauvaise gestion, de népotisme et de corruption – des maux que l’on retrouve malheureusement ailleurs dans la région – ont joué un rôle.
On notera , bien sûr, le bon déroulement, dans le calme et apparemment sans irrégularités majeures, de ces élections, qui sont, côté palestinien, les premières du genre – et dont il faut surtout souhaiter qu’elles ne soient pas les dernières ! Mais, il faut voir aussi le contexte général, alors que les motifs de préoccupation s’amoncèlent au Proche et au Moyen-Orient – risque d’enlisement américain en Irak ; perspective de nucléarisation d’un Iran renouant avec les pires excès de la Révolution islamique ; appels d’une rare violence de la part de groupes terroristes djihadistes, qui doivent être prises au sérieux.
La plus grande vigilance s’impose donc à l’avenir vis-à-vis de tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, soutiennent ou encouragent le terrorisme. Il reste nécessaire de parvenir à une paix juste en Israéliens et Palestiniens, qui permette de garantir le premier des droits de l’homme, le droit à la vie et à la sécurité pour tous. Mais il ne faut pas se bercer d’illusions : l’islamisme radical est tout sauf pacifique, et la poursuite du terrorisme à outrance, des attentats-suicides ou des attaques de missiles Kassam – alors même que l’armée israélienne s’est retirée de Gaza – ne conduira pas à la paix. Elle risque au contraire d’alimenter une nouvelle spirale de la violence, qui ne profiterait à personne. Il reste à espérer qu’une fois confronté aux réalités du pouvoir, le Hamas et ses dirigeants en viendront à davantage de modération.